Une brève compilation, ci-dessous.
Elle montre ce qui suit : Des Français analysent le comportement des humains de leur temps. Ils se penchent également sur l’origine de l’Europe, et arrive le moment où un besoin de synthèse, pour mieux voir, tirer des conclusions, s’impose : celui des Encyclopédistes.
Puis viendra, naturellement, celui du besoin des réformes que ces conclusions imposent : 1789 s’avance.
Mais 1789 se présente comme une mutation mal négociée : des aspects ne sont pas connus qui vont mal l’orienter.
Les Francs avaient une faiblesse : le goût du panache. Il se combinait avec une fausse opinion de l’attitude romaine : penser que le Romain méprisait le commerce, le travail manuel. Ainsi, le noble percevait mal l’utilité de faire fructifier son Capital, devenu homme de cour, il lui fallait briller et souvent s’endetter. Mais, un Louis XVI donnera l’exemple d’un roi artisan, et Marie-Antoinette celui d’une reine bergère. Une révision des esprits est en cours. La vente des titres nobiliaires, les mariages mixtes feront le reste, apportant graduellement aux charges de l’état des individus dont le profil est décrit dans l’extrait_2.
Lorsqu’une réforme est mise en mouvement, personne ne sait gérer la pression populaire qui brusquement libère ses rancoeurs contre l’ancien régime. Des excès de langage, des idées mal comprises, des positions extrémistes créent les charretées de ceux à éliminer par la guillotine, que les Révolutionnaires redoutent de refuser à la populace.
Un repris de justice est toujours un individu qui ne sait pas gérer sa vie, son ego, et se laisse aller à des violences. Les Nazis cherchèrent ce type d’individu dans les prisons, 1789 l’avait à disposition dans les rues, il était de la cour des miracles, toujours existante il sera des bas-fonds de Paris. Les bouleversements en cours élimineront leurs encadrements. Ainsi, la populace vient dans la rue, et détermine pratiquement tout, jusqu’à la prise de Pouvoir par Napoléon.
Il faut noter que les émigrés aux Amériques sont de la même veine, de même ceux d’Australie : l‘Europe, a surtout exporté ceux qu’elle mettait en marge de sa société, parce qu’elle ne savait pas les éduquer, les former, les employer.
Révolution faite, l’ordre qui s’est mis en place est construit par des individus qui répondent le plus souvent au profil dépeint dans l’extrait_2. Ils vont chercher des “nègres” pour leur apporter les lumières qui manquent. Ils ne savent pas bien gouverner, ils n’ont pas la culture naturellement acquise pour cela, bien apprécier le futur et savoir y répondre.
Sous Rome, déjà cité : Un Septime-Sévère a bénéficié d’une longue formation et d’un cadre dont l’empreinte était solide.
Aujourd’hui une mutation de société est en cours : un Président Noir d’Origine aux USA, mais demain un Pape Noir au Vatican aussi, pour sauver le Christianisme, et l’amorce d’un basculement global est en cours. C’est là que l’on appréciera que le Syndrome de Cham, n’était qu’une mise en réserve, une mise en “jachère” si l’on peut dire.
Compilation (ne sont pas inclus les poètes La Fontaine, Molière,.. Qui vont dans le même sens.)
Les Caractère - Jean de la Bruyère - (1645 - 1696) - Editions du Rocher.
Extrait_1 : p 49.
Chez nous, le soldat est brave, et l’homme de robe est savant : nous n’allons pas plus loin. Chez les Romains, l’homme de robe était brave, et le soldat était savant : un Romain était tout ensemble et le soldat et l’homme de robe.
Extrait_2 : 53.
Ménippe est l’oiseau paré de divers plumages qui ne sont pas à lui: il ne parle pas, il ne sent pas; il répète des sentiments et des discours, se sert même si naturellement de l’esprit des autres, qu’il y est le premier trompé, et qu’il croit souvent dire son goût ou expliquer sa pensée, lorsqu’il n’est que l’écho de quelqu’un qu’il vient de lui quitter.
C’est un homme qui est de mise un quart d’heure de suite, qui le moment d’après baisse, dégénère, perd le peu de lustre qu’un peu de mémoire lui donnait, et montre la corde: lui seul ignore combien il est au-dessous du sublime et de l’héroïque; et, incapable de savoir jusqu’où l’on peut avoir de l’esprit, il croit naïvement que ce qu’il en a est tout ce que les hommes en sauraient avoir: aussi a-t-il l’air et le maintien de celui qui n’a rien à désirer sur ce chapitre, et qui ne porte envie à personne.
Il se parle souvent à soi-même, et il ne s’en cache pas, ceux qui passent le voient; et il semble toujours prendre un parti, ou décider qu’une telle chose est sans réplique.
Montesquieu : Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. (1689 - 1755)
Diderot (1713 - 1784), Jean d’Alembert ( 1717 - 1783) - Les Encyclopédistes.
L’Homme romain. L’Univers Historique édition du SEUIL - 1992.
Ici on démontre et approfondit l’opinion de La Bruyère. Mais La Bruyère va plus loin, il affirme que le soldat est savant ; alors que pour nous il était perçu comme un soudard, quelqu’un de grossier et brutal !
Alors se pose la question : d’où La Bruyère tenait-il cette opinion, trois siècles avant qu’elle soit approchée ?