Surveillance extraterrestre sur Terre.
HB décida de se focaliser sur Luc pour voir ce qu’il advenait de lui.
- LR fenêtre Zoom merci.
Il demandait la présence sur l’écran Est et dans la fenêtre dédiée à l’élément 7, de l’image et de l’environnement immédiat de LR. D’une manière générale les affectations se faisaient à partir de fenE1 en attribuant deux fenêtres adjacentes par élément. Ainsi Luc dernier de la liste et de position 7 se voyait attribuer les fenêtres fenEe et fenEf.
En fait il s’agissait d’une image de synthèse reconstruire à partir des émissions de l’ensemble des celmols affectées à Luc. Puis de celles qui décrivaient son environnement immédiat.
Dès lors que la fenêtre de l’écran Est focalisait sur Luc, Cyberstar consacrait un sous système à la tâche de reconstruire en permanence l’image de Luc au fur et à mesure de ses mouvements et de ses changements d’états.
Ici encore une petite explication s’impose. L’infographie terrienne a inventé les méthodes de compression et de décompression d’images, parmi lesquelles les techniques vectorielles et fractales sont les plus utilisées.
Notre science est basée sur la reconnaissance des corps générateurs, qu’ils soient d’origine animale ou minérale. Un corps générateur est essentiellement un noyau qui possède son programme de dédoublement ou d’association pour construire, tricoter serait un mot plus approprié, un ou des tissus formés de noyaux identiques à lui-même pour la composition, mais non pour les fonctions.
L’image la plus proche est celle d’une bactérie laquelle plongée dans un milieu nourricier prolifère et donne un bouillon de culture. Egalement l’image de la formation d’un cristal ou encore celle de la naissance d’un corps aussi complexe que l’animal vivant.
Il en résulte que nos techniques de compression et de décompression sont pratiquement inexistantes. En fait nous avons d’un corps abouti la connaissance de sont corps générateur, l’état et la composition physique et chimique de son environnement, alors nous pouvons recalculer les grandes orientations du tout à partir de la partie.
Les celmols deviennent des senseurs dont le nombre est réduit. Ils nous rendent compte de la position du sujet, de son état et de l’état de son environnement. A partir de là nos ordinateurs recalculent tout et reconstruisent l’image virtuelle du sujet, de son expression et du milieu.
Les celmols d’observation se limitent à évaluer les contraintes de fonctionnement du sujet et éventuellement envoyer quelques stimulations appropriées à son organisme pour qu’il se dépêche de choisir une position qui diminue les contraintes subies. Mais ici encore les stimulations libérées tiennent compte des capacités réceptives du sujet, surtout de son aptitude à l‘apprentissage et à la mémorisation de la correction reçue comme une intuition salvatrice.
C’est à dire l’aptitude du sujet à comprendre et expliquer cette intuition salvatrice, comme étant une propriété de son organisme, qu’il devra alors mémoriser et renforcer. Alors que pour beaucoup d’autres sujets, cette intuition sera attribuée à l’existence d’un ange gardien ou toute autre explication de cette nature, externe au sujet et laquelle pour cela ne servira à rien.
HB mis les autres points lumineux de EcrN en phase contrôle. Chaque fenêtre de l’écran dédiée à l’un des membres de l’équipage afficha un iris dont la pupille contenait les initiales de son nom. L’iris comme un iris humain contenait un grand nombre de messages sous forme de spectre de couleurs que tout robot savait lire et immédiatement décoder.
HB pouvait se consacrer à l’observation de Luc.
Cela pouvait se faire en coopération avec Metastar. Notre objectif était de voir quelle possibilité avait une intelligence prototypée en Luc, de se développer dans le milieu terrestre. Indirectement nous allions évaluer ce milieu comme on évalue les capacités d’une matrice à nourrir et assurer la naissance d’un prototype.
Ainsi nous procédions également à un bilan terrestre. La nécessité de ce bilan s’imposait par le seul fait de la naissance de Luc. Nous savions que si son intelligence pouvait se développer, alors le milieu était acceptable.
Ce type d’intelligence étant le nôtre, il primait toute autre forme d’intelligence sur terre, car nous savions que seule notre forme permettait d’arriver là où nous étions. Les autres formes ayant produit ce qui recevra la qualification d’humanités inférieures. Incapables de continuer à évoluer, nous les avions dotées d’îles navigantes qui leur permettaient de continuer à vivre statiquement, jusqu’à ce que un jour nous ayons pu trouver le moyen de réamorcer leur évolution.
Tous nous étions tributaires de la mécanique de l’évolution. Bien la connaître était notre principal objectif.
Le mot mécanique peut prêter à confusion pour un terrien qui ne verrait là que roues, engrenages et courroies de transmissions, signifiant enchaînement ou dépendances d’objets solides.
Pour nous ce mot a le sens très large d’enchaînement automatique des phénomènes. Si la dynamique d’un phénomène influe la dynamique d’un autre phénomène et que cela peut-être réversible alors il y a mécanisme.
Cela signifie que ces deux phénomènes doivent avoir une surface de jonction, de contact, qui joue comme surface de passage des propriétés dynamiques de l’un à l’autre et inversement. A défaut de surface de jonction, c’est-à-dire absence de contact, il y aurait obligatoirement un espace non vide assurant la transmission comme le ferait un fluide par effet de viscosité sur deux roues.
Avec le temps nous avons pu vérifier cela et étudier les conditions de réalisation de cet état. C’est dire que nous considérons qu’il ne peut y avoir évolution cosmique s’il n’y a pas de telles surfaces ou de tels milieux et ce dans tous les domaines pour les divers états de la matière. Que la matière se présente sous forme minérale, organique ou même de pure énergie.
Nous laisserons à Luc le soin d’expliquer cela, car il arrivera par ses observations aux mêmes conclusions.